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9/3/2005 Jeu de tracts 1 Le 17-02-05, Mr. Edwy Plenel publiait dans le »Monde 2 » un éditorial intitulé « La question ne sera pas posée ». Il s’agissait d’un pamphlet visant M-me Condoleezza Rice, venue à Paris pour charmer les étudiants de Sciences-Po et, en passant, le président Jaques Chirac. Comme tout le monde s’y attendait, elle parla du terrorisme, de la prolifération des armes de destruction massive, de conflits régionaux, des Etats défaillants, du crime organisé, c’est à dire de la vie personnelle de George Dabeliou Bush, pendant que la France, au seuil de la guerre civile, appelait ses fils (et ses filles) pour défendre le baccalauréat. Mais la plus puissante femme du monde, faisant fi du baccalauréat français et des grévistes d’ Air France, qui pourraient lui confisquer l’avion, eu l’insolence d’ajouter aux dangers précédents celui présenté par la bombe nucléaire iranienne.. Sidéré par autant de mépris pour les vraies menaces qui guettaient l’humanité, Mr. Plenel les lui rappela le lendemain avec une ironie féroce. Premièrement, écrivit-il, pourquoi parler de guerres, du terrorisme, de la paix, quand le monde est davantage menacé par « les déséquilibres sociaux, les désordres environnementaux, les inégalités entre continents, pays et classes, l’opulence, voire le gaspillage des uns, la misère, voire la faim des autres, tous ce qui relève de l’écart entre riches et pauvres». C’était la première fois qu’un journaliste français dénonçait en public les « désordres environnementaux », comme des écarts entre riches et pauvres. Face à cette révélation, les menaces nommées par M-me Rice apparaissaient ridiculement dérisoires.. Mais l’éditorialiste ne s’arrêta pas là. Il donna le coup de grâce au représentant de l’impérialisme américain en proclamant « La liberté de Condoleezza Rice ne se préoccupe pas de l’égalité.» 2 Il est certain que le cri d’alarme du journaliste, n’avait pas laissé indifférente M-me Rice d’autant qu’il avait ajouté à sa liste ( voir paragraphes 2 et 3) «… les dépenses sécuritaires, le logement, le développement urbain, la justice, les transports, l’aide aux pays pauvres, les infrastructures ferroviaires, la lutte contre la drogue à l’école, le combat contre l’illettrisme ». Le jour même, l’éditorialiste du « Monde 2 » reçut une lettre, signée I.G.S, lui rappelant avoir oublié « la discrimination raciale, les femmes battues, les chiens abandonnés, les frasques du président Clinton, le chapeau texan de George Dabeliou, les films porno, l’Evangile, l’agresseur sioniste et l’engouement des collégiens français pour le chinois. L’éditorialiste, en train d’écrire un message publicitaire gratuit pour la police, jeta la lettre sans soupçonner que, de l’autre coté de l’Atlantique, l’œil du mystérieux I.G.S. était braqué sur lui. 3 Le 18-02-05, le président Bush, convoqua son conseiller en communication pour répondre aux attaques perpétrés par le journaliste français contre M-me Rice. Heureusement, le conseiller avait travaillé dans sa jeunesse à Paris comme vendeur à la criée du journal Le Monde. A peine entré dans le bureau du président, il déclara avoir préparé la réponse depuis longtemps. Ebloui, George Dabeliou, demanda des explications. « C’est très simple, dit le conseiller. Ce pamphlet a été publié pour la première fois dans Le Monde, au début des années ’60 . Depuis il a été repris une fois par semaine à la Une et huit fois par mois dans les pages consacrées à la politique internationale, à la culture, aux sports et à la gastronomie. Comme vous pouvez vous rendre compte, le pamphlet lu à l’envers est encore plus pointu que lu à l’endroit. ° Nous pouvons le lire aussi en passant de la première phrase à la troisième, puis à la cinquième, à la septième et ainsi de suite sans que sa cohérence en souffre. N’importe quel autre mécanisme opératoire donnerait le même résultat. C’est le pauvre lecteur qui rend cohérent ce genre de texte composé de phrases isolées. Dans la profession nous appelons ce tour de passe-passe « le jeu de tracts ». Il suffit d’avoir sept slogans politiques bien chargés émotionnellement, comportant chacun sept mots, pour produire plus de 800.000 textes de ce genre.» - Génial !fit George Dabeliou. Sacrée économie !On pourrait faire la même chose pour mes discours ? - Ils sont trop pragmatiques…Mais on peut essayer.Ah, s’il s’agirait de Mr.Michael Moore, ça serait un jeu d’enfants. - Je préfère d’autres exemples, fit le George Dabeliou - Excusez-moi, Mr le Président... Le texte de Mr.Plenel est pensé comme un groupage de slogans enjolivés par des expressions rhétoriques du genre « Comment nos nobles idéaux pourront-ils séduire durablement des populations misérables si nous aggravons leur misère ? » -Formidable ! cria le président. « Nos nobles idéaux… séduire des populations misérables… » C’est du Mirabeau ? Ca sent la Révolution Française… - Dans la profession nous appelons cela « Le cocktail Barrès-Mao » Ca nous change un peu de Michel Moore... - Je comprends maintenant, dit le Président, pourquoi Mr. de Villepin a été rappelé trois fois à la rampe à l’O.N.U. Il sont formidables comme acteurs les hommes politiques français… J’espère que vous n’irez pas répondre de la même manière ?! - Certainement pas, dit le conseiller. J’ai trouvé notre réponse parmi les variantes du pamphlet. J’ai choisi la meilleure, la plus ambiguë. Je n’ajouterai qu’un petit commentaire de ma part, visant la phrase où Mr.Plenel parle de « la popularité maintenue de la dictature castriste » - D’accord, d’accord, fit G.D. Bush. Mais ne soyez pas trop dur. Je ne veut pas que Chirac s’imagine que vous faites allusion à lui. Allez, dépêchez- vous. De toute manière nos ordinateurs sont plus performants. » 4 Le 19-02-05 le « Courrier des lecteurs » du « Monde 2 » publia la lettre suivante : « Mr. Plenel, dans votre éditorial du17-02-05, vous parlez de « la popularité maintenue de la dictature castriste ». Quelle popularité maintenue, camarade ? Maintenue par qui ? Par votre pays, par votre journal ou par vous-même ? Vous vous prenez pour qui, cher auteur de tracts publicitaires ?Avec mes salutations distinguées, I. G. Smith, ancien vendeur du « Monde » à la criée » 5 Malheureusement, le manque de moyens°° ne permit pas à l’éditorialiste du «Monde 2 » de répondre à la question. La réponse fut différée pour les prochains numéros du « Monde 3 », « Monde 4 » et « Monde 5 ». * Essayez vous mêmes le jeu de tracts présenté ci-dessus, premièrement avec les éditoriaux d’Edwy Plenel puis avec les éditoriaux des autres membres de la direction du journal. |