Le Cronogoumoscopographe
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9/3/2005 Les lendemains qui chantent Le scandale était parti de Lyon suite à une photo publiée par le vieux journal régional, Le Progrès, le 22-06- 2030, le jour du mariage du préfet, Dodinné al Mavalah. Bel homme, grand, les cheveux noirs, il venait d’avoir cinquante ans et beaucoup de mères lyonnaises désiraient l’avoir comme gendre, surtout après son dixième pèlerinage à la Mecque. On racontait que cette fois-ci il était revenu décidé de prendre femme et d’avoir beaucoup d’enfants, comme l’exigeait la tradition. Personne ne pouvait s’imaginer que c’était elle, la belle Maryam, qui avait retardé leur mariage parce que bien avant de passer à l’islam, elle avait fait le vœu de prendre comme mari un homme aux yeux bleus. Rentré de son hadj, le préfet envoya son meilleur ami, ancien diplomate, homme habile et discret, pour trouver un ophtalmologue spécialisé dans le changement de la couleur des yeux. La mission ne paraissait pas difficile, Lyon étant devenue, dans cette période, la ville préférée de meilleurs guérisseurs asiatiques et africains. Mais aucun d’entre eux n’osa toucher aux yeux du préfet. Désespéré, le diplomate consulta un voyant. Rien de plus simple, répondit celui-ci. Il faut trouver deux donateurs, deux personnes suffisamment âgées, pour se séparer sans regret de leurs yeux, et encore à bas prix. Laissez-moi faire… Une semaine après le préfet partit dans un voyage à l’étranger. Il rentra vers la fin du mois de mai. On racontait que suite à un horrible accident de voiture il avait été opéré par un grand ophtalmologue hindou qui avait réussi à lui sauver la vue. Mais, hélas! ses superbes iris noirs, fragilisés par l’operarion, étaient devenus bleu-violets. Pour les mettre à l’abri, le préfet fut obligé de porter des lunettes noirs, détail qui intrigua non seulement ses plus proches collaborateurs mais même son frère, l’imam de Vénissieux. Les bruits les plus fous commencèrent à courir la ville, depuis longtemps spécialisée en histoires macabres. En fait ce fut la photo du mariage, en couleurs, sur la Une du « Progrés », qui mit le feu aux poudres. Le préfet avait ôté ses lunettes face à l’objectif éclairant l’image de ses yeux bleu-violets. Derrière lui, on pouvait reconnaître les plus vieux cordonniers de la ville, les cousins Goldenberg, portant chacun un bandeau noir, Abraham sur l’œil gauche et Isaac sur l’œil droit. Le lendemain ce fut le propre frère du préfet qui appela les étudiants à chasser l’apostat aux yeux de Juif. Et le djihad ne s’arrêta que vers le mi-Juillet grâce à l’intervention musclée de l’O.P.E.P. |